Exercice chronique et évolution structurelle de l'athérome coronarien : une évaluation critique de la régression, du remodelage et du paradoxe de l'athlète
La quête pour déterminer si l'effort physique peut fondamentalement inverser la progression de maladie coronarienne est passée de premières observations épidémiologiques à un discours hautement technique centré sur la micro-architecture de la paroi vasculaire. À l'ère moderne de la cardiologie, caractérisée par des progrès rapides dans le domaine de la coronarographie quantitative assistée par l'intelligence artificielle tomodensitométrie angiographie (AI-QCTA) et imagerie intravasculaire haute résolution, la mesure traditionnelle de la lumière sténose est de plus en plus considéré comme une silhouette insuffisante d'un processus biologique bien plus complexe1La tension fondamentale en cardiologie préventive aujourd'hui réside dans le fait de savoir si les bienfaits cardiovasculaires incontestés de l'exercice sont obtenus grâce à la réduction effective de plaque masse — véritable régression — ou si l'exercice sert de régulateur principal du remodelage vasculaire et stabilisation de plaque, atténuant efficacement le risque d'événements cliniques sans nécessairement éliminer la charge de morbidité sous-jacente [2].

Ce rapport évalue de manière critique les données probantes entourant cette tension, en accordant la priorité aux données d'imagerie haute fidélité provenant de échographie intravasculaire (IVUS), tomographie par cohérence optique (OCT) et l'angioscanner coronaire (CCTA). En synthétisant des données provenant de cohortes appariées, de registres longitudinaux d'athlètes et de modèles mécanistiques de contrainte de cisaillement, cette analyse teste l'hypothèse selon laquelle l'exercice fonctionne principalement comme un stabilisateur et un remodeleur de l'arbre coronaire plutôt que comme un agent primaire de régression de la plaque.
Volume de la plaque par rapport à la taille de la lumière : le contexte glagovien
L'évaluation précise des changements induits par l'exercice dans artères coronaires nécessite une compréhension nuancée de la relation entre les limites extérieures du navire et son intérieur lumens. Depuis des décennies, l'étalon-or pour diagnostiquer les coronaropathies artère la maladie était la coronarographie invasive, qui fournit une carte bidimensionnelle de la lumière — un “ luménogramme ”. Cependant, cette approche est fondamentalement limitée par phénomène de Glagov, ou remodelage positif, où l'artère coronaire subit un élargissement progressif de son membrane élastique externe (MEE) en réaction à l'accumulation de plaque [3].
Cette expansion compensatrice permet au vaisseau de maintenir sa surface de section luminale même lorsqu'une partie importante athérome développe. Dans De Glagov étude histologique séminale de 136 autopsies de troncs communs de l'artère coronaire gauche, la surface luminale n'a pas diminué en fonction du pourcentage de sténose entre 0 et 40 pour cent, mais a diminué de manière marquée au-dessus de ce seuil (r = −0,73, P < 0,001) [3]. Cela implique qu'un vaisseau d'apparence normale en angiographie peut abriter une lésion importante, et potentiellement vulnérable, charge athéromateuse. La sous-analyse PROSPECT IVUS a confirmé in vivo que les aires de la section transversale de la MEE augmentent proportionnellement à l'aire de la plaque et de la média dans 552 artères coronaires gauches principales (r = 0,61, P < 0,0001 au total, s'élevant à r = 0,88 lorsque la charge de plaque était inférieure ou égale à 20 pour cent) [4].
L'exercice physique est un puissant stimulateur du remodelage vasculaire. L'entraînement aérobie chronique induit des augmentations soutenues du débit sanguin et de la contrainte de cisaillement, qui activent les voies endothéliales augmentant la biodisponibilité de l'oxyde nitrique et le calibre structurel des artères de conduction [5]. Par conséquent, toute étude prétendant que l'exercice réduit athérosclérose en se basant uniquement sur le diamètre luminal, on mesure probablement une combinaison de la perte de plaque réelle et de l'expansion vasculaire compensatoire. Pour distinguer ces effets, les chercheurs s'appuient sur volume d'athérome en pourcentage (PAV), qui normalise la masse de la plaque par rapport au volume total du vaisseau. Le PAV est calculé comme la somme de (surface de la MEE − surface de la lumière) divisée par la somme de la surface de la MEE, exprimée en pourcentage. Cette mesure garantit que si un vaisseau grossit (augmentation de la MEE) mais que la surface de la plaque reste constante, le PAV diminue, reflétant une réduction relative de la proportion occlusée de l'artère, même lorsque la valeur absolue volume total d'athérome reste stable6].
Preuve de la régression vraie de la plaque : comparaison avec la pharmacothérapie
Lors de l'évaluation de la capacité de l'exercice à induire une régression, il est nécessaire d'établir un point de référence en utilisant les thérapies hypolipémiantes, qui disposent des données les plus solides pour réduire le PAV et le TAV. Une étude complète méta-analyse Sur 51 études portant sur 9 113 adultes, il a été démontré que les LLT, en tant que classe, réduisaient la PAV de −1,10 % en moyenne (IC 95% : de −1,63 à −0,56, P < 0,01) et réduisent le volume total de sang (TAV) de −5,84 mm³ (IC 95 % : −8,64 à −3,04, P < 0,01) ; statines à haute intensité a été à l'origine de l'effet TAV le plus important (−7,60 mm³ ; IC 95% : de −11,89 à −3,31, P < 0,01) [6]. Les preuves directes d'imagerie de la plaque par comparaison directe issues de l'essai randomisé GLAGOV démontrent en outre que PCSK9 inhibition ajoutée à statine la thérapie produit une régression progressive du PAV chez les patients présentant une coronaropathie avérée [2].
En comparaison, les preuves directes de la régression induite par l'exercice commencent à émerger mais restent modestes. essai CENIT (Coronary Disease and the Effect of High-Intensity Interval Training) a fourni des données longitudinales essentielles en randomisant 60 patients atteints de coronaropathie stable, qui ont tous subi une intervention coronarienne percutanée, pour suivre soit six mois d'entraînement supervisé entraînement fractionné de haute intensité à 85–95 pour cent du pic fréquence cardiaque ou aux directives préventives contemporaines7L'étude a utilisé l'échographie intracoronaire (IVUS) pour mesurer les modifications du volume d'athérome normalisé (PAV) et du volume total d'athérome (TAV) dans les segments coronaires résiduels.
| Paramètre | Groupe HIIT (n=30) | Groupe Témoin (n=30) | Différence entre groupes |
| Évolution du PAV (%) | −1,2 (intervalle de confiance 95% : de −2,1 à −0,2 ; P = 0,017) | +0,2 (intervalle de confiance 95 % : de −0,7 à 1,1 ; P = 0,616) | −1,4 (intervalle de confiance 95% : de −2,7 à −0,1 ; P = 0,036) [7] |
| Changement de TAVnorm (mm³) | −9,0 (intervalle de confiance 95% : de −14,7 à −3,4 ; P = 0,002) | — | −12,0 (intervalle de confiance 95 % : de −19,9 à −4,2 ; P = 0,003) [7] |
Les résultats de l'étude CENIT sont remarquables, car ils démontrent que l'activité physique peut entraîner des réductions de la PAV d'une ampleur comparable à celle d'un traitement hypolipidémiant (−1,21 TP9T contre −1,101 TP9T) [6], [7] Fait important, cette régression a été observée dans une population recevant déjà un traitement médical conforme aux recommandations, ce qui rend difficile l'isolement de la contribution indépendante de l'exercice d'une interaction synergique avec les statines.
Le paradoxe de l'athlète d'endurance
Alors que les essais interventionnels menés chez des patients atteints d'une coronaropathie avérée suggèrent un potentiel de régression, les données observationnelles provenant d'athlètes vétérans en bonne santé présentent un paradoxe complexe. De grands registres, notamment MARC (Measuring Athlete’s Risk of Cardiovascular Events) et Master@Heart, rapportent systématiquement que les athlètes pratiquant des sports d'endurance tout au long de leur vie présentent une prévalence plus élevée de plaque athéroscléreuse coronaire et une prévalence plus élevée Calcium artérial coronaire scores que les individus moins actifs présentant des profils de risque cardiovasculaire comparables [8], [9].
Le Étude Master@Heart, une analyse de cohorte observationnelle prospective portant sur 191 athlètes d'endurance chevronnés de longue date, 191 athlètes tardifs (ayant commencé les sports d'endurance après 30 ans) et 176 témoins sains non athlètes (tous de sexe masculin, profil de risque cardiovasculaire faible, âge médian de 55 ans), a rapporté les associations ajustées suivantes pour les sports d'endurance pratiqués toute sa vie par rapport à un mode de vie sain non athlétique [9]:
- ≥ 1 plaque coronaire : OR 1,86 (IC à 95 % : 1,17–2,94)
- ≥ 1 plaque proximale : OR 1,96 (IC à 95 % : 1,24–3,11)
- ≥1 plaque calcifiée: OR 1,58 (IC 95 % : 1,01–2,49)
- ≥ 1 plaque proximale calcifiée : OR 2,07 (IC à 95 % : 1,28–3,35)
- ≥1 plaque non calcifiée: OR 1,95 (95%, IC 1,12–3,40)
- ≥ 1 plaque proximale non calcifiée : OR 2,80 (IC à 95 % : 1,39–5,65)
- ≥ 1 plaque mixte : OR 1,78 (IC à 95 % : 1,06–2,99)
La découverte d'une probabilité plus élevée de plaques non calcifiées (riches en lipides) dans les segments proximaux est particulièrement notable, car ces plaques sont généralement associées à un risque à court terme plus élevé que les plaques purement calcifiées. lésions [9].
Le étude MARC-2 ajout de granularité longitudinale en distinguant le volume d'exercice de l'intensité chez 289 hommes d'âge moyen et plus âgés (âge médian de 54 ans) suivis pendant une moyenne de 6,3 ans [8]. Le volume total d'exercice (MET-heures/semaine) n'a montré aucune association avec la progression des CAC ou de la plaque. En revanche, l'intensité de l'exercice stratifiée par équivalents métaboliques — vigoureuse (6–9 METs) par rapport à très vigoureuse (≥9 METs) — était significativement associée aux résultats d'imagerie :
| Intensité de l'exercice | Effet sur le score CAC (β par augmentation de 10%) | Progression de la plaque |
| Vigoureux (6–9 MET) | −0,05 (intervalle de confiance 95 % −0,09 à −0,01 ; P = 0,02) [8] | Moins de progression |
| Très vigoureux (≥ 9 MET) | +0,05 (intervalle de confiance 95 % : 0,01 à 0,09 ; P = 0,01) [8] | rapport de cotes ajusté (aOR) de 1,09 (IC 95% : 1,01–1,18) pour chaque augmentation de 10% [8] |
| Volume total | Aucune association significative [8] | Aucune association significative [8] |
Le fait que ce soit l'intensité, et non le volume, qui favorise la progression de la plaque dentaire et du calcium coronarien (CAC) chez les sportifs suggère que seuil physiologique au-delà duquel l'exercice physique peut avoir des effets pro-athérogènes. Parmi les mécanismes proposés, on peut citer l'exercice physique pressions artérielles systoliques qui peut dépasser 200 mmHg chez les athlètes bien entraînés lors d'un effort quasi maximal [25], les contraintes mécaniques répétitives exercées sur la paroi coronaire et les voies de signalisation inflammatoires impliquées dans les troubles vasculaires liés à la pratique sportive calcification [10].
La caractéristique principale du « paradoxe de l’athlète » réside toutefois dans le fait que, malgré une charge de plaque plus importante, les athlètes d’endurance présentent des taux plus faibles de événements cardiovasculaires indésirables majeurs (MACE) que la population générale. Bien que l’ordre de fréquence de la morphologie des plaques (calcifiées > mixtes > non calcifiées) soit globalement similaire chez les populations actives et sédentaires, les sportifs d’endurance de longue date présentant des plaques sont plus susceptibles que les témoins sédentaires de présenter exclusivement des lésions calcifiées, qui sont considérées comme plus stables [12]. Cet enrichissement phénotypique en lésions denses et calcifiées (stables) — plutôt qu’en lésions mixtes ou vulnérables non calcifiées — suggère que la pratique d’une activité physique intense pourrait accélérer le processus naturel de guérison ou de densification de l’athérosclérose [10], [11].
Données issues de cohortes appariées et facteurs de confusion socio-économiques
Une condition essentielle pour évaluer l'impact de l'activité physique est la prise en compte des facteurs sociaux et économiques facteurs de confusion. Un statut socio-économique (SSE) plus élevé est associé, de manière indépendante, à la fois à une plus grande capacité d'exercice et une amélioration des résultats cardiovasculaires [13]. Dans le cadre de l'étude « Heart and Soul », une analyse portant sur 943 hommes et femmes présentant une maladie coronarienne, la capacité d'effort diminuait progressivement selon les catégories de revenus, de niveau d'études, de conditions de logement et de profession. Après ajustement multivarié, la différence de capacité d’effort entre les catégories les plus élevées et les plus basses était de 2,4 MET pour le revenu du ménage, de 1,8 MET pour le niveau d’éducation, de 2,3 MET pour le logement et de 1,3 MET pour la profession (P < 0,001 pour toutes les tendances) [13].
Concordance conjugale et études sur les couples
Les partenaires vivant en concubinage partagent un micro-environnement qui englobe l’alimentation, le stress socio-économique et l’accès aux soins de santé. Dans une cohorte nationale américaine de 5 364 couples mariés ou en union libre, la concordance au sein du couple dépassait 50 % pour chaque composante du cadre «Life’s Simple 7» de l’American Heart Association, allant de 53 % pour cholestérol total à 95 % pour le score d'alimentation saine ; concordance pour syndrome métabolique a atteint 73 % [14]. Malgré cette forte concordance en matière de comportements et facteurs de risque, l'état civil en lui-même, une fois pris en compte les facteurs de risque cardiovasculaires, n'était pas associé de manière indépendante à une athérosclérose coronarienne subclinique mise en évidence par CCTA dans une étude portant sur 9 288 personnes asymptomatiques [15]. Dans l'ensemble, ces résultats suggèrent que l'environnement commun au sein d'un couple génère un niveau de risque de fond, mais que l'évolution de la charge plaque dentaire est davantage influencée par les comportements individuels en matière de santé — notamment le choix de pratiquer une activité physique régulière — que par le statut de couple en soi.
L'activité professionnelle en tant qu'environnement contrôlé
L'étude sur les travailleurs des transports de Londres reste l'exemple par excellence d'un analogue professionnel [16]. En comparant les conducteurs et les chauffeurs au sein d’un même réseau de transport — des hommes d’âge et de classe sociale similaires —, Jeremy Morris a pu isoler l’activité physique professionnelle de la plupart des facteurs de confusion. Morris et ses collègues ont étudié des dizaines de milliers d’employés des bus et de la poste à Londres et ont rapporté que les contrôleurs physiquement actifs, qui montaient et descendaient des centaines de marches par service, présentaient un taux de décès coronariens aigus et soudains environ deux fois moins élevé que celui observé chez les conducteurs sédentaires [16], [17]. Cette expérience naturelle fournit certaines des premières preuves solides indiquant que l'activité physique professionnelle modifie de manière indépendante l'expression clinique de la maladie coronarienne, même lorsque le macro-environnement reste constant.
Relations dose-réponse et courbe de mortalité
La relation entre la dose d'activité physique et la mortalité est généralement considérée comme curvilinéaire, les réductions de risque les plus importantes se produisant lorsque les individus passent d'un mode de vie sédentaire à une activité modérée. Le revue systématique et la méta-analyse réalisée par Blond et ses collègues, portant sur 48 cohorte prospective Dans ces études, on a utilisé une méthode de spline cubique restreinte à effets aléatoires relation dose-effet modélisation visant à estimer rapports de risques instantanés sur toute la plage d'exposition. Par rapport à la dose d'activité physique recommandée (750 MET-min/semaine), le risque continuait de diminuer au-delà des recommandations : à 5 000 MET-min/semaine, les rapports de risque s'élevaient à environ 0,86 pour mortalité toutes causes confondues et 0,73 pour la mortalité cardiovasculaire. Aucun risque supplémentaire n’a été observé aux niveaux d’exposition les plus élevés étudiés [18].
L'analyse publiée par Lee et al. dans *Circulation*, portant sur un échantillon regroupé de 116 221 adultes issus de la ’ Nurses’ Health Study » et de la « Health Professionals Follow-up Study », avec une durée de suivi pouvant aller jusqu'à 30 ans et environ 47 000 décès, a examiné en détail l'intensité de l'activité physique à long terme [19]. Par rapport aux personnes ne pratiquant aucune activité physique vigoureuse (APV) pendant leur temps libre, les participants respectant les recommandations (75 à 149 min/semaine d’APV) présentaient des rapports de risque de 0,81 (IC 95% : 0,76–0,87) pour la mortalité toutes causes confondues, de 0,69 (IC à 95 % : 0,60–0,78) pour la mortalité d’origine cardiovasculaire, et de 0,85 (IC à 95 % : 0,79–0,92) pour la mortalité d’origine non cardiovasculaire et non cancéreuse. Les participants pratiquant deux à quatre fois le minimum recommandé présentaient une mortalité toutes causes confondues inférieure de 21 à 23 % pour l’activité physique très intense (VPA) (150–299 min/semaine) et une mortalité toutes causes confondues inférieure de 26 à 31 % pour l’activité physique modérée (300–599 min/semaine) [19]. Des doses plus élevées à long terme (≥ 300 min/semaine de VPA ou ≥ 600 min/semaine d'activité modérée) n'ont pas permis de réduire davantage la mortalité, mais aucun risque supplémentaire n'a été observé [19].
Cet effet bénéfique sur la mortalité persiste malgré le « paradoxe de l'athlète », caractérisé par une augmentation du CAC, ce qui corrobore la conclusion selon laquelle les plaques observées chez les personnes très actives sont, de par leur composition, moins graves sur le plan clinique [10], [11].
Modèle mécanistique : comment l'exercice physique modifie la plaque dentaire
Les mécanismes biologiques par lesquels l'exercice physique pourrait réduire la charge de plaque ou favoriser sa stabilisation agissent à la fois au niveau systémique et local.
Mécanique des fluides et contrainte de cisaillement sur les parois
La formation de la plaque est régie par les caractéristiques de la circulation sanguine. L’écoulement laminaire entraîne une forte contrainte de cisaillement à la paroi (WSS), qui assure l'homéostasie endothéliale par le biais de l'axe des facteurs de transcription mécanosensibles (KLF2 et KLF4) et de l'activation en aval des cellules endothéliales oxyde nitrique synthase. Un écoulement perturbé ou oscillatoire, fréquent au niveau des bifurcations coronaires, entraîne une faible contrainte de cisaillement (WSS) qui favorise l'apparition d'un phénotype endothélial athérogène, caractérisé notamment par une surexpression des molécules d'adhésion régulées par NF-κB, le recrutement de monocytes et une augmentation de l'endothélium transcytose de LDL [20]. Les augmentations du débit induites par l'effort physique renforcent directement la force de frottement protectrice au niveau de la paroi vasculaire. Des preuves moléculaires directes obtenues dans les artères coronaires humaines ont montré que la pratique régulière d'une activité physique chez les patients atteints d'une maladie coronarienne augmente la phosphorylation de la synthase endothéliale de l'oxyde nitrique au niveau de la position Ser1177, site régulateur clé qui contrôle la production d'oxyde nitrique [5].
Transport inverse du cholestérol et fonctionnalité des HDL
L'activité physique favorise l'élimination des lipides de la plaque dentaire par le biais de la transport inverse du cholestérol parcours, en commençant par cholestérol flux sortant de cellules spumeuses à HDL particules qui transportent les lipides vers le foie en vue de leur excrétion hépatobiliaire. Une étude randomisée portant sur la dose d’exercice et mesurant plusieurs paramètres fonctionnels du HDL a montré que l’augmentation à la fois de l’intensité et de la dose d’exercice entraîne des améliorations du HDL proportionnelles à la dose capacité d'efflux du cholestérol, son pouvoir antioxydant et son action anti-inflammatoire — des effets qui sont largement indépendants des seules variations de la concentration en cholestérol HDL [22].
Stabilisation de la plaque, métalloprotéinases matricielles et calotte fibreuse
Au-delà de la régression, l'activité physique favorise la stabilisation structurelle grâce à un épaississement de la couche fibreuse, induit en partie par une diminution de la pression intra-plaque métalloprotéinase matricielle activité. Des études menées sur des animaux dans apolipoprotéine Les souris knock-out E montrent que exercice aérobie L'entraînement réduit l'activité des MMP-8 et MMP-9 au sein de la plaque, augmente les inhibiteurs tissulaires des métalloprotéinases (TIMP-1, TIMP-2), augmente l'épaisseur de la calotte fibreuse et réduit la taille relative de la zone nécrotique cœur lipidique [23]. Les résultats d'une revue systématique chez l'homme établissent un lien entre l'activité physique régulière et des modifications favorables des taux circulants de MMP-9, LDL oxydé, ainsi que les médiateurs inflammatoires liés à la vulnérabilité de la plaque [21]. Réductions simultanées au niveau systémique inflammation, y compris Protéine C-réactive, pourrait contribuer davantage à la stabilisation de la plaque dentaire [11], [21]. Chez les personnes présentant une activité chronique, cela se traduit par une transition d'une morphologie de plaque « vulnérable » à une morphologie « stable », même lorsque le total volume de la plaque dentaire augmentations [10], [12].
Différences liées au sexe en matière de risque de formation de plaque dentaire
Une avancée majeure de la cardiologie préventive moderne réside dans la prise de conscience que la charge de plaque a des implications pronostiques différentes chez les hommes et chez les femmes. Dans une analyse récente de la essai PROMISE Dans le groupe CCTA (4 267 patients, dont environ 51 % de femmes, suivi médian de 26 mois), les femmes présentaient une prévalence des plaques coronariennes inférieure à celle des hommes (55 % contre 75 % ; P < 0,001) et un volume médian total de plaques plus faible, mais une incidence similaire d'événements cardiovasculaires indésirables majeurs (2,3 % contre 3,4 %) [24]. Il est important de noter que, lorsque le risque de MACE a été modélisé en fonction de la charge plaque totale à l'aide d'une régression de Cox par splines stratifiée selon le sexe, le rapport de risque a dépassé l'unité à un seuil de charge plaque nettement plus bas chez les femmes que chez les hommes.
| Fonctionnalité | Femmes | Hommes | Conséquence |
| Prévalence de la plaque dentaire | 55% | 75% | Prévalence plus faible chez les femmes [24] |
| Volume de la plaque dentaire | Inférieur (médiane) | Plus élevé (médiane) | Une charge absolue plus faible chez les femmes [24] |
| Charge plaque dentaire totale pour HR = 1,0 | ≈20% | ≈28% | Chez les femmes, le risque apparaît à partir d'une charge moindre [24] |
| Charge plaque dentaire totale à HR = 1,5 | ≈32% | ≈42% | Une évolution plus marquée du risque chez les femmes [24] |
Ces données indiquent que l'application de seuils uniformes pour les plaques à haut risque conduit à une sous-estimation du risque chez les femmes : les artères coronaires des femmes étant plus étroites, un volume absolu de plaque plus faible entraîne une charge relative de plaque plus importante et une accélération plus rapide du risque de MACE [24]. Cela implique que, chez les athlètes féminines, le seuil à partir duquel la plaque dentaire subclinique est considérée comme inoffensive sur le plan de sa composition pourrait être nettement inférieur à celui de leurs homologues masculins.
Vérification de l'hypothèse : remodelage ou régression ?
L'hypothèse à l'étude est que l'activité physique ne réduit pas de manière significative la charge totale de plaques coronariennes, mais qu'elle améliore plutôt le calibre des vaisseaux et la stabilité des plaques. Les données disponibles suggèrent une réponse qui dépend de la population :
Chez les patients atteints d'une coronaropathie avérée et suivant un traitement conforme aux recommandations : L'activité physique peut réduire de manière significative la charge placquettaire totale. L'essai CENIT a mis en évidence une différence de PAV entre les groupes de −1,4 % et une réduction de la TAVnorm de −12 mm³ après six mois d'entraînement HIIT [7].
Chez les sportifs d'endurance en bonne santé pratiquant leur discipline depuis toujours : L'activité physique ne réduit pas la charge totale de plaque dentaire, mais elle est associée à une prévalence et à une charge plus élevées pour tous les types de plaque [9]. Dans cette population, l'hypothèse est largement confirmée : les bienfaits cardiovasculaires de l'exercice physique s'expliquent par un remodelage et une stabilisation (calcification) des vaisseaux plutôt que par leur élimination.
Avantages apparents et avantages réels : L'augmentation de la taille de la lumière chez les personnes entraînées reflète une véritable adaptation physiologique (remodelage positif) qui confère une protection clinique significative grâce à une amélioration de réserve coronaire [3], [4]. Cet effet bénéfique sur le remodelage est distinct de l'effet spécifique lié à une véritable régression de la plaque, et ces deux effets s'exercent à des échelles de temps différentes.
Verdict final : régression, progression ou stabilisation ?
L'ensemble des données disponibles indique que l'exercice physique régulier est un facteur modificateur multimodal de l'athérosclérose coronarienne. Une véritable régression — c'est-à-dire une réduction mesurable des taux de PAV et de TAV — peut être obtenue grâce à des programmes d'exercice physique de haute intensité, en particulier chez les personnes souffrant déjà d'une maladie coronarienne, où l'ampleur de cette régression est comparable à celle obtenue avec un traitement hypolipidémiant intensif [2], [6], [7]. Chez les personnes ne présentant pas de maladie connue, la pratique d'une activité physique modérée semble ralentir la progression des tissus mous, fragiles, plaques riches en lipides grâce à un métabolisme lipidique favorable, à une capacité accrue d'efflux du cholestérol HDL et à une diminution de l'inflammation systémique [21], [22]. Chez les sportifs d'endurance à haut volume d'entraînement, l'effort physique agit principalement comme un facteur stabilisateur, accélérant paradoxalement la calcification tout en élargissant le calibre des vaisseaux par un remodelage positif — ce qui se traduit par une charge athéroscléreuse de composition bénigne qui ne se traduit pas par un risque clinique accru [9], [10], [12].
Il est important de noter que les effets bénéfiques de l'activité physique sur la survie ne sont pas liés au volume absolu de la plaque : les sportifs de haut niveau présentent davantage de plaque, mais affichent pourtant une mortalité toutes causes confondues et une mortalité d'origine cardiovasculaire nettement inférieures à celles de la population générale [18], [19]. L'accent clinique devrait donc être mis non plus sur la quantification de la quantité de plaque présente, mais plutôt sur la caractérisation de la nature de cette plaque et de la réserve fonctionnelle dont dispose encore l'arbre coronaire du patient.
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